Pour un aménagement concerté et équilibré des franges franciliennes

Les territoires des franges franciliennes, aussi bien internes qu’externes à l’Île-de- France, méritent une attention particulière. Malgré leur hétérogénéité, ces territoires connaissent des faiblesses communes et persistantes, dont la mauvaise accessibilité en transports en commun aux grands pôles d’emploi et l’insuffisance de l’offre en équipements et services. Le phénomène contemporain de métropolisation du Grand Paris a aussi engendré une concentration des richesses dans l’agglomération capitale et a ainsi conduit à accroître le risque d’augmentation des inégalités sur certaines franges. Ce constat renforce la nécessité d’une gestion interrégionale et harmonisée de ces problématiques.

C’est pourquoi les CESER Île-de-France et Centre-Val de Loire ont souhaité mener un travail commun sur cette question en se focalisant sur deux territoires infra et transfrontaliers, chacun ayant ses spécificités.

Le premier territoire retenu s’étend de Rambouillet à Maintenon en passant par Epernon et Hanches, et recouvre la Communauté de communes des Portes Euréliennes d’Île-de-France en Eure-et-Loir et la Communauté d’agglomération Rambouillet Territoires dans les Yvelines. Ce territoire mixte, à l’origine surtout composé de villages, accueille des populations plutôt aisées et est marqué par des échanges réciproques entre les deux régions, et une forte influence francilienne au niveau des dynamiques de développement, avec un nombre important de navetteurs.

Le second territoire retenu recouvre la zone s’étendant du Montargois au Sud de la Seine-et-Marne. Pour le Loiret, il s’agit de :

  • La Communauté de communes des Quatre Vallées ;
  • La Communauté d’agglomération Montargoise et Rives de Loing ;
  • Et la Communauté de communes du Pithiverais Gâtinais.

Pour la Seine-et-Marne, sont concernées :

  • La Communauté de communes du Gâtinais-Val de Loing ;
  • La Communauté de communes Pays de Nemours ;
  • Et la Communauté de communes Moret Seine et Loing.

Ce second territoire apparaît comme un espace plus enclavé (liaisons plus difficiles tant avec l’Île-de-France qu’avec l’Orléanais), accueillant des populations à revenus plus modestes.

Les deux territoires de franges retenus présentent des points communs de part et d'autre de leurs limites administratives. Il s’agit en effet de territoires ruraux, marqués par l'économie présentielle et une dépendance relative aux territoires métropolitains, et caractérisés par des déplacements significatifs de leurs actifs résidents vers l’agglomération parisienne, orléanaise ou chartraine. En outre, la désindustrialisation de ces territoires s’accompagne d’un déclin relatif de l’emploi local et d’une fragilisation des pôles urbains. Toutefois, des pôles d'emplois se sont développés conduisant à une consolidation de certains territoires mais ce phénomène n'a pas été homogène selon les franges concernées, et certaines se sont paupérisées ou marginalisées.

Les deux CESER ont fait le choix d’approcher les problématiques de ces territoires de franges sous l’angle de la résilience territoriale. Ce travail inter-CESER vise à dresser des recommandations pour permettre à ces territoires, parfois isolés voire relégués, de puiser dans leurs propres forces et opportunités afin de définir un avenir soutenable et résilient et de s’adapter aux différents changements les impactant.

Les deux CESER ont fait le choix d’axer leurs travaux et préconisations sur trois domaines qui paraissent propices au développement de projets territoriaux communs que pourraient soutenir les deux Régions : les mobilités, le tourisme et les débouchés agricoles.

Si ces thématiques ont été retenues, c’est bien entendu en raison de leur importance et de l’opportunité de projets coopératifs qu’elles offrent, mais aussi car le temps imparti ne permettait pas d’explorer plus avant d’autres champs pourtant intéressants pour construire des projets « transfrontaliers » tels que l’action culturelle, l’éducation, la santé, les services à la population, etc. Au-delà d’actions sectorielles, il s’agit de tendre vers de véritables projets coopératifs de territoire, globaux et partagés.