PRIC : de nombreuses initiatives mises en oeuvre

En septembre 2017, le gouvernement a lancé le Plan d’investissement dans les Compétences (PIC), piloté par le ministère du Travail, qui se fixe les ambitions de former 1 million de demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés et 1 million de jeunes éloignés du marché du travail ; de répondre aux besoins des métiers en tension dans une économie en croissance ; et contribuer à la transformation des compétences, notamment liées à la transition écologique et à la transition numérique. Il s’agit d’engager des transformations en profondeur, avec un effort financier sans précédent : un plan sur 5 ans, doté de 15 milliards d’euros, co-financé par les partenaires sociaux.

Ce PIC se décline en 3 niveaux d’intervention, dont le premier est une mise en œuvre en régions, dans le cadre de PACTE pluriannuels d’investissement dans les compétences 2019-2022, après une période d’amorçage en 2018. Le CESER approuve cette conjugaison des efforts de l’Etat et de la Région. Le PACTE met en cohérence et en complément du CPRDFOP voté en 2017, un accent particulier sur les publics très éloignés de l’emploi et de la formation et les personnes en situation de handicap. À l’horizon 2022, l’objectif principal du PACTE en Région Centre Val de Loire est de former 72 000 personnes, notamment pour répondre aux besoins exprimés par les entreprises qui peinent à trouver certaines compétences. Il s’agit également de faire évoluer l’appareil de formation et ses modalités pédagogiques.Ce contrat se décline en 39 actions.

Pour la Région, il s’agit d’agir sur les principaux point faibles relevés lors de l’élaboration du diagnostic pour réaliser ce plan : les difficultés de recrutement rencontrées par les entreprises dans de nombreux secteurs, le manque d’appétence du public pour la formation, le manque d’attractivité de certains métiers, de certains secteurs économiques et de certains territoires, les freins périphériques, notamment les difficultés liées à la mobilité. 

L’action DEFI, mise en place initialement par les partenaires sociaux au sein des anciens OPCA a été renforcée. Elle vise à favoriser le recrutement en emploi des stagiaires à court terme en associant en amont les entreprises dans la démarche et le déroulement des formations. L’objectif est de contractualiser 69 opérations par an sur le territoire régional. Le CESER encourage l’amplification de cette action, qui sera à développer sur l’ensemble du territoire. Il espère que plus de projets émergeront notamment dans le domaine de la santé et de l’aide à domicile. Le CESER souhaite également que les acteurs du PACTE mettent aussi en œuvre des actions pour lever les freins liés à la mobilité physique, qui sont les freins majeurs au renoncement à l’entrée en formation. L’idée d’un « Pass Formation », incluant des aides au transport, à la garde d’enfants, d’aide à domicile pourrait être portée pour faciliter l’accès en formation.

Ainsi, pour ces premiers mois de mise en œuvre, l’amplification d’actions initiées dans le cadre du CPRDFOP se fait déjà ressentir. Le CESER se félicite de la grande réactivité de la Région et des nombreuses initiatives et expérimentations qu’elle a mis en œuvre dès cette première année du PACTE, dont un certain nombre d’actions ont été labellisées par le Haut-Commissariat aux compétences et à l’inclusion par l’emploi.

L’un des enjeux majeurs de réussite de ce PACTE sera la couverture, sur l’ensemble du territoire régional, de la Gestion Prévisionnelle des Compétences Territoriales.  Cela nécessite la mobilisation des différents acteurs de terrain. La Région seule ne pourra pas porter cette ambition. La question des développeurs économiques, experts de terrain, préalablement portée par les institutions comme les CCI et les DIRRECTE se pose entièrement. Sans impulsion extérieure, il sera compliqué de faire se rencontrer les acteurs économiques pour identifier des besoins communs sur chaque bassin. En effet, pour répondre aux besoins de terrain, il faut des moyens, notamment humains.

Enfin, le CESER regrette que ce PACTE n’intègre pas encore les métiers dits « de demain » tels que ceux liés à l’écologie, à l’économie circulaire, à la prévention de la santé au travail, à la domotique… Si ce PACTE constitue une réponse d’ampleur par rapport aux faiblesses de terrain constatées lors de son élaboration, une projection vers le futur en aurait fait un document plus ambitieux à long terme.