Le CESER examine de près la Recherche

Par ce rapport d’autosaisine, le CESER a souhaité aborder la question de la Recherche en Centre-Val de Loire sous un angle particulier qui est celui de l’attractivité. L’objectif poursuivi est de valoriser la Recherche en Centre-Val de Loire comme facteur d’attractivité vis-à-vis des étudiants, des chercheurs ou des entrepreneurs issus de la région ou venus d’ailleurs. Il s’agit aussi de faciliter une « identité recherche » propre à la région (développer un ou des particularisme(s)) soit en s’appuyant sur l’existant – même embryonnaire – soit en développant de nouvelles compétences.

Le rapport est composé de trois parties : un « état des lieux » relativement court, deux parties utilisant la méthodologie SWOT (forces, faiblesses, opportunités, menaces pour déterminer des leviers pour lever les freins endogènes ou exogènes) et enfin des préconisations relativement synthétiques.

La Recherche régionale est marquée par un certain nombre d’atouts ou d’opportunités :

  • Un maillage territorial de la Recherche publique assez bien réparti et un positionnement géographique stratégique qui pourrait offrir des opportunités d’accueil de chercheurs venant d’Île-de-France, d’où l’importance de dégager des moyens pour les attirer et les retenir en région.
  • Une Recherche marquée par des domaines d’excellence (Energie-matériaux, Systèmes terre-espace, Biomédicaments – Infectiologie One health, Intelligence des patrimoines, Chimie thérapeutique, organisation moléculaire du vivant, cosmétosciences).
  • Des interactions entre Recherche publique et Recherche privée au travers des 5 domaines potentiels de spécialisation régionaux, au travers des 5 projets Ambition Recherche Développement 2020 (ARD 2020) et via les pôles de compétitivité dont les champs d’intervention sont compatibles avec les domaines potentiels de spécialisation.

Mais elle doit aussi faire face à certaines faiblesses ou de menaces :

  • Un manque de spécialisation et d’attractivité de la région Centre-Val de Loire en général qui limite les possibilités de renforcer les domaines d’excellence
  • Une Recherche insuffisamment mise en valeur, une capacité de Recherche peu connue des acteurs régionaux et un taux de dépendance du secteur Recherche & Développement supérieur la moyenne nationale.
  • Des outils de soutien manquants notamment l’absence d’un incubateur régional de start-ups. La mise en place d’un Comité Régional de Valorisation (C-Valo) devrait permettre de mieux identifier les fonctions manquantes.
  • Une concurrence entre régions liée à la politique actuelle de spécialisation des sites d’enseignement supérieur et de Recherche qui conditionne une partie des dotations d’État désormais compétitives (Projets investissement d’avenir). Elle pénalise les écosystèmes régionaux qui ne peuvent afficher de concentrations suffisantes de chercheurs et d’entreprises autour de domaines d’excellence.
  • Des possibilités de synergie négligées : si des collaborations existent, l’abandon du projet de ComUE Centre Val de Loire n’a pas permis de les développer.

Face à ce constat, le CESER a présenté les leviers endogènes et exogène pouvant être activés pour renforcer l’attractivité de la recherche régionale :

  • Augmenter l’investissement dans la Recherche pour préserver l’avenir et considérer les dépenses de fonctionnement de la Recherche comme des investissements, pour faciliter la mobilisation de moyens en faveur de la Recherche et parce que financer la Recherche, c’est investir sur le long terme ;
  • Augmenter le nombre de bourses doctorales en région pour attirer des étudiants en région, en particulier sur des projets innovants (sur la base d’une banque de sujets) ;
  • Favoriser les implantations en région de chercheurs confirmés et de haut niveau venant d’autres régions, notamment l’Île-de-France, ou de l’étranger ;
  • Simplifier la gestion des projets européens pour permettre à davantage de moyens d’être directement utilisés pour la Recherche ;
  • En complément de la stratégie de spécialisation régionale (aussi appelée spécialisation intelligente), maintenir des aides, notamment au développement de « pépites » y compris sur des sujets originaux et/ou éloignés des axes de spécialisation régionale ;
  • Construire une politique territoriale commune de développement de la Recherche associant les deux métropoles et la Région pour concentrer les forces et déterminer un cap à suivre.