Adoption du SRADDET

Le CESER a contribué in itinere à l’élaboration de ce schéma construit en étroite concertation avec les acteurs et les habitants, dans le cadre des nombreuses réunions 360° qui se sont tenues. Au regard des diverses contributions déjà réalisées, le CESER s’est concentré uniquement sur les éléments nouveaux ou évolutions marquantes portés à sa connaissance.

Ainsi, l’ambition portée en matière de consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers a été revue par rapport au projet de SRADDET présenté fin 2018. En effet, si l’échéance à 2025 de diviser par deux la consommation d’espaces agricoles, naturels et forestiers et de réduire leur artificialisation, en particulier en recyclant au maximum le potentiel de friches, a été maintenue. Ce n’est pas le cas de la seconde échéance pour tendre vers un solde de zéro artificialisation mesurée à l’échelle régionale. Le CESER attendait des ambitions portées par le SRADDET qu’elles traduisent un véritable sursaut et une prise de conscience et regrette que l’on ne soit pas pleinement dans cette dynamique au regard de la cible telle qu’elle est définie.

Par ailleurs, le CESER regrette la suppression des chiffres de densité et de production de logements qui figuraient dans le projet initial de SRADDET.

Concernant les mobilités et les transports, si le CESER apprécie que la Région ait renforcé la prise en compte des besoins spécifiques des territoires ruraux et précisé la stratégie aéroportuaire régionale, il regrette que les infrastructures de transports (routières ou ferroviaires) structurantes pour le sud régional (Berry) soient si peu mises en avant (D 943 et ligne Tours-Châteauroux).

Une des évolutions majeures par rapport au projet initial de SRADDET réside dans l’ajout d’un objectif chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre (tendre vers une réduction de 50 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, de 65 % d’ici 2040 et de 85 % d’ici à 2050). Si cet objectif s’inscrit dans la trajectoire de la loi énergie-climat, on ne peut que regretter son échéance plus que lointaine (2050).

En matière de biodiversité, si le CESER remarque que certaines de ses propositions sur la préservation et la restauration de la biodiversité ont pu être intégrées au schéma, il reste insatisfait. En effet, dans ses différentes contributions, il avait fait de l’enjeu environnemental un préalable, ce qui ne semble pas être totalement le cas du présent SRADDET. Dans sa contribution d’avril 2018, le CESER avait exprimé le souhait de voir placer 2 % du territoire régional sous protection forte d'ici l'horizon 2019, comme les pelouses sèches, les zones humides et les tourbières, via la Stratégie de Création des Aires Protégées (SCAP), initiée par le Grenelle de l’Environnement. Cet objectif n’a pas été retenu.

De plus, le CESER apprécie que l’économie circulaire soit mieux valorisée dans cette nouvelle mouture du SRADDET, conformément à la demande exprimée dans son avis de décembre 2018, en particulier au sein des règles 1, 8 et 47. Elle est ainsi mieux dissociée de la question des déchets et identifiée pleinement comme un pan de l’économie.

En outre, le CESER est particulièrement sensible au renforcement de la dimension interrégionale dans le SRADDET. Il est, en effet, important d’ouvrir le regard au-delà des frontières régionales notamment pour les territoires situés aux franges de notre région, territoires au sein desquels les habitants ont souvent le sentiment d’être relégués ou oubliés des politiques publiques.

En conclusion, le CESER approuve globalement les orientations prises dans le SRADDET, comme il l’avait déjà signifié dans ses avis précédents, et rappelle la nécessité de porter une attention particulière au suivi-évaluation ainsi qu’au portage de ce schéma au sein des territoires pour une pleine appropriation par l’ensemble des acteurs. Les grandes ambitions du SRADDET devront être déclinées, y compris financièrement par l’ensemble des acteurs, dans les différentes politiques publiques pour véritablement constituer un cap, que ce soit tant au niveau des politiques thématiques que des différentes contractualisations (CRST et CPER).